Vous la conviez à une soirée. Vous vous êtes permis de l'inviter. Elle sera la seule invité. On la connaît bien en ville. On l'aime bien aussi. On l'aime bien parce qu'on ne la connaît pas, finalement. On ne vous connaît pas, non. Alors, vous vous invitez. Une jolie soirée en perspective. Vous, votre propre solitude. En tête à tête.
Du vide. Faire le vide dans votre tête. Une salle vide. Des verres vides, des bouteilles vides. L'âme livide. Des noeuds dans l'estomac et des haut-le-coeur. Maintenant vous pouvez vous oublier. Enfin être utile !
Voici l'aube. Les brumes matinales s'évanouissent, vos couleurs aussi. Thé ou café ? Peu importe, vous ne le boirez pas. Vos sens sont atrophiés. Vos goûts sont invisibles. A l'oeil nu on dirait que vous n'existez pas ! Même en habillant cet oeil, votre inexistence est flagrante. La transparence est un art. Vous êtes artiste, très chère. On vous exposera quand vous serez morte.
Mais d'abord, disparaissez ! Allongez vous sur ce lit vide. Attendez la lumière blanche. Les feux de la rampe. Vous serez désormais le soleil des générations d'exile. Le songe d'ignorance. Symbole de la faillite d'un règne absurde. Mais personne ne le saura. C'est une jolie misère, l'absence.
*Humeur* : Wild Cherry FourmiEs
